Bus-trip vers le désert d'Atacama et le Pérou

Publié le par Myriam


Je me lance enfin. La connection internet fonctionne relativement bien et je ne tombe plus de fatigue devant la perspective de décrire tout ce qu'on a pu faire en si peu de temps.
Profitant de deux semaines de vacances avant que les cours ne commencent réellement, Marie, Julia et moi sommes parties vers le nord. Pas de préparatifs forcenés, juste un billet de bus Valparaiso-Calama pour le 4 août et un billet d'avion Arica-Santiago pour le 17 août.
Avec quelques conseils en poche, un budget prévisionnel fait à la louche, des biscuits pour le premier long voyage (24h), nous sommes parties dans l'optique de faire le désert d'Atacama puis de remonter vers le Pérou ou la Bolivie.
Au final, tous nos projets se sont formidablement goupillés mais ne nous ont pas laissé le moindre temps mort. C'est donc crevée mais heureuse que je vais tenter décrire succintement notre périple.
Je voulais faire une petite carte avec flèches, pointillés et autres traits pour accompagner cet article et rendre compte de notre trajet mais c'est plus compliqué que je ne l'imaginais. Avec un peu de chance, je parviendrai à en publier une plus tard.



En attendant, voilà schématiquement les villes que nous avons traversées ou où nous avons séjourné :
Valparaiso - Calama - San Pedro de Atacama - Calama - Arica - Tacna - Arequipa - Cusco - Ollantaytambo - Aguas Calientes - Ollantaytambo - Pisac - Cusco - Puno - Amantani - Taquile - Puno - Tacna - Arica - Santiago - Valparaiso.

Nous sommes donc parties le 4 août avec nos sacs de rando pour deux semaines de vacances vers le Nord (c'était à peu près aussi précis que ça). Premier trajet dans un bus “semi cama”. Pas de problème niveau confort et espace, ça a été le trajet le plus long mais aussi celui où j'ai le mieux dormi (on aura par la suite des bus beaucoup moins agréables).
Arrivée le lendemain après-midi à Calama. Réservation rapide d'un hostal depuis la gare routière et bus pour San Pedro de Atacama. Ce petit village bourré de touristes est le point de départ de la plupart des excursions dans le désert. Les rues étroites, les maisons basses en terre m'ont tout de suite donné l'impression de me trouver sur une autre planète – Tatouine en l'occurrence !

Eglise de San Pedro

Entrées dans l'agence “Cactus Tour” conseillée par le Lonely (il est presque impossible de ne pas passer par une agence pour voir les sites du désert, le “tour organisé avec guide” est incontournable), nous avons réservé des expéditions pour les 3 jours suivants. On a eu de la chance car on était avec le même guide et le même chauffeur les trois jours. Ils étaient assez géniaux et ont tempéré le côté “voyage organisé” qui aurait pu être pesant.
Au final, nous avons fait le trekking autour du Valle de la Luna, le salar d'Atacama/les lagunes de l'Altiplano et enfin les geysers del Tatio. Tout était magique et tellement différent qu'il m'est difficile d'exprimer une préférence.

Valle de la Muerte

Trekking dans une mer desséchée depuis des millénaires (sel)

Valle de la Luna (la bande noire, c'est Big Dune)

Salar de Atacama

Laguna altiplanica

Geysers del Tatio

Vallée des cactus


Si je dois donner des conseils au sujet du désert d'Atacama : avoir un budget assez large pour payer les expéditions, ne pas écouter les chiliens venant du Nord qui vous disent que vous risquez de saigner des oreilles (j'attends toujours !), se préparer à se lever avant le soleil, avoir des fringues qui protègent bien contre le froid (on descend facilement en dessous de 0 la nuit et le jour à certaines altitudes) ainsi que de la crème solaire indice 50/60. A part ça, on n'a pas vraiment souffert de la chaleur dans le désert “le plus aride du monde” (qui abonde de lacs, de végétation...).

Nous avons ensuite continué notre route vers le Pérou : retour à Calama, nuit dans le bus pour Arica, colectivo pour traverser la frontière et arrivée à Tacna, Pérou.
Premières impressions sur le Pérou : des gens qui nous sautent dessus à la descente du taxi pour nous proposer toutes sortes de choses, dépliant sur la sécurité distribué dans la gare routière, autres conseils sécuritaires devant nos bonnes têtes d'occidentales naives... Le premier bus pris au Pérou était assez impressionnant niveau “on veille sur votre sécurité” : un mec de la compagnie a filmé tous les passagers. Entre ça et le “bingo” auquel tous les passagers ont joué au milieu du voyage (l'enjeu : le billet de retour gratuit), ce trajet Tacna-Arequipa était déroutant.
Nous n'avons passé qu'une soirée et un jour à Arequipa. C'est court mais suffisant pour se rendre compte des charmes de la “ville blanche”, j'y retournerais bien rien que pour revoir son marché avec des piles de fruits et légumes de plusieurs mètres de haut...

Plaza de armas de Arequipa

Marché

Monasterio Santa Catalina


D'Arequipa nous avons passé une nouvelle “nuit” dans un bus pour Cusco. Arrivées tôt dans la ville, nous sommes directement allées à Peru Rail car nous savions qu'il valait mieux éviter les longues heures d'attente liées aux foules de touristes qui se pressent (comme nous) prendre leur billet de train pour le Machu Picchu. Après avoir étudié plusieurs options (y compris celle qui consistait à prendre des camions de paysans, à marcher dans la jungle, à traverser une rivière...) nous nous sommes résignées à faire comme tout le monde, càd à donner plein d'argent à Peru Rail. Moins cher que de partir directement de Cusco, nous avons pris un aller/retour Ollantaytambo-Aguas Calientes (= Machu Picchu Pueblo). C'est un peu moins cher certes mais aller au Machu Picchu reste un investissement : aller et revenir d'Ollantaytambo, billets de train, entrée du site... Je calculerai ce que m'a coûté ce voyage quand j'en aurai le courage (=> total de 600 € ?!).

Visite de Cusco dans la journée avec nos sacs à dos. J'ai été agréablement surprise par la ville (on nous avait dit qu'on allait se faire accoster en permanence par des vendeurs, restaurateurs... or ce n'était pas pire que dans n'importe quelle gare routière péruvienne où on a plus d'une fois failli perdre patience à grands coups de “no gracias” agacés).

Plaza de armas de Cusco



Nous sommes allées à Ollantaytambo dans la soirée et avons pris le train pour Aguas Calientes tôt le lendemain (en tout, on ne s'est jamais levées après 8h30 de tout le séjour).
Petit tour dans Aguas Calientes. Il était trop tard pour éviter le flot des touristes au site du Machu Picchu (il aurait fallu pour cela partir à 4h du village), nous avons donc décidé d'y aller dans l'après-midi pour faire la fermeture. En attendant, pour se mettre en jambe, nous avons fait l'ascension du Potocosi tout proche. La pire et la meilleure ascension de ma vie : des échelles interminables et vertigineuses, des passages dangereux tout près du vide, des difficultés sans fin... Récompense : une vue magnifique sur le Machu Picchu (où il nous était à présent impossible de monter à pied vu notre état physique !).

Premier pallier de l'échelle la plus longue

Le chemin de terre emprunté par les bus et le fameux site



Après une descente qui a rendu mes jambes cotonneuses, nous avons pris le bus pour aller jusqu'au site, avons dû discuter avec l'idiote de la billetterie qui refusait de nous donner le tarif étudiant (sans ça, nous étions dans l'incapacité pécuniaire immédiate d'y aller) et avons enfin pu profiter du lieu en prenant notre temps.


Le seul. L'unique.



La baignade dans les termes du village à notre retour a été bénéfique mais complètement inutile pour atténuer les courbatures qui nous ont handicapées pendant plusieurs jours !
Nous n'avons pas pu nous éterniser et dès le lendemain nous avons remis ça avec les ruines de Pisac. Visite « alternative » : là encore dans l'incapacité immédiate de payer l'entrée (c'était beaucoup plus cher qu'escompté), le chauffeur de taxi qui nous a emmenées jusqu'au site nous a donné un tuyau. En échange d'une « propina », un « guide » local nous a accompagnées sur un chemin qui permet de ne pas passer devant le guichet. Pendant ce temps, le taxi gardait nos affaires. L'enjeu : nos sacs dans son coffre et l'assurance de nous ramener par la suite jusqu'à Cusco contre sa carte d'identité et sa carte grise sur moi. Une belle économie au final et surtout on a pu visiter le site où il y avait très peu d'affluence. Depuis nos débuts au Pérou, on n'avait pas encore connu un tel calme.

Pisac


Nous sommes donc ensuite retournées à Cusco d'où nous avons pris un bus pour Puno. La pire nuit dans un car depuis le début : pas de couverture ni de chauffage, vol du lecteur MP3 de Marie qui se trouvait dans une pochette sur elle et vol du portefeuilles et des lunettes de soleil de Julia qui se trouvaient dans un sac à ses pieds. Incompréhension : peu de sommeil + vigilance modérée = suffisant pour se faire subtiliser des affaires. Impatience croissante vis-à-vis des péruviens qui nous « agressent » à la sortie du car. Nouvel agacement quand un homme qui agitait un dépliant en vantant telle ou telle excursion a refusé de me donner le-dit dépliant, l'air interloqué. L'information touristique, c'est lui. Le dépliant lui donne juste consistance et crédibilité.

Encore dégoûtées, on est allées vers le port d'où partent les bateaux pour les îles du lac Titicaca. Avant même de descendre du taxi et de récupérer nos sacs dans le coffre, une nuée de gens nous propose de l'eau, des crayons pour « los niñitos de las islas », de partir tout de suite sur un bateau... On nous presse, on nous escorte. Pas le temps de réfléchir, nous voilà parties sur un bateau qui nous emmène sur des îles du lac Titicaca où nous sommes supposées passer une nuit chez l'habitant. On apprendra le programme en détails au fur et à mesure.
Et en fin de compte, ce programme était pas mal du tout : tour sur les îles flottantes, escale sur l'île d'Amantani où nous avons passé la nuit chez une famille (à l'ancienne : ni électricité ni eau courante), départ le lendemain pour l'île de Taquile et retour à Puno dans l'après-midi.

Iles flottantes

Coucher du soleil sur l'île d'Amantani



Nous avons entamé le trajet de retour le lendemain matin (tôt pour changer...). Bus pour Tacna. Prise de tête à Tacna avec un chauffeur de taxi qui s'était payé notre tête. Bus pour traverser la frontière. Nuit à Arica et avion le 17 direction Santiago – parce qu'un bus-trip, ça va bien 2 semaines...!

Trajet vers Valpo un peu blasée (que du déjà vécu !). Revenir dans cette ville – après une absence relativement longue – m'a fait prendre conscience qu'elle m'est devenue familière. Je ne m'y sens plus étrangère, je croise souvent des gens que je connais, je prends certaines rues tous les jours.... Je peux me sentir chez moi à Valpo. Au passage, niveau logement, j'ai finalement décidé de m'installer (vraiment) dans la maison où j'ai été depuis le début : grande, lumineuse, assez propre et bien placée, je peux aisément m'en contenter. Points positifs : je connais déjà les gens qui y vivent, le chauffe-eau a été réparé depuis et fonctionne sans que j'aie besoin de jouer à MacGyver ! Points faibles : je ne peux pas avoir la chambre que je convoitais mais celle où j'étais au début (gros problème : elle n'a pas de fenêtre mais un puits de lumière), internet fonctionne mal et la gamine de la fille qui gère la maison est une véritable petite peste (au début de l'écriture de cet article, elle m'a quand même tiré les cheveux alors que je tentais de sauver le chat de ses griffes).
J'ai au moins le temps de me poser un peu, de prendre mes marques. Au final, je n'ai cours qu'à partir de jeudi parce que la reprise des cours dans certaines filières a été reportée.
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M
Quand je suis arrivée à Ollantaytambo et que j'ai repensé à ton histoire dans la pharmacie, je me suis dit exactement la même chose, càd que je marchais dans tes traces... Tu es mon modèle, Nat ! :))
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N
EXCELLENT!!! tu marches dans les traces de ta grande soeur, je suis allée exactement aux mêmes endroits que toi au Pérou à un peu plus d'un an d'intervalle. Nous aussi on avait halluciné dans le bus quand ils filment les passagers, c'est pas rassurant du tout. Et pour le bingo, à 1 chiffre près Oliv gagnait un trajet!<br /> Les photos du desert d'atacama donnent envie, chanceuse!
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