Cours à la chilienne

Publié le par Myriam


Alors que je finis tout juste ma première semaine de cours à la Católica (oui, mon week-end commence le jeudi soir, n'y voyez aucune action consciente de ma part...), il me semble opportun de faire un petit topo sur les cours auxquels j'ai déjà assisté.

Je vais suivre la grande majorité de mes cours à l'école de journalisme qui se trouve à Viña del Mar. Je dois compter 35/40min en tout pour y aller, ça dépend de la fréquence des trains. En attendant le train, les stations diffusent une petite musique d'ambiance comme Let it be version flute de pan... de quoi regretter de s'être levée !
Niveau agression auriculaire, le "jingle" de la compagnie est aussi très efficace : "Cuidemos la limpieza de los trenes y estaciones. Un metro limpio demuestra cultura. Metro Valparaiso, más servicio" (oui, une fois qu'on l'a entendu, ça reste ancré à jamais). / Traduction littérale à destination des non-hispanisants : "Maintenons propres les gares et les trains. Un métro propre est une preuve de civilité/civilisation/culture - ça sonne mal mais c'est l'idée. Métro Valparaiso, plus de services".
Je critique mais en réalité j'aime assez ce moyen de transport qui pendant la moitié du trajet longe la mer... de quoi se mettre du baume au coeur au final !

Le bâtiment de l'école de journalisme ne ressemble pas à une fac. C'est une villa nichée dans les quartiers résidentiels de Viña. Ce n'est pas très grand mais suffisant pour contenir des promos d'une quarantaine d'étudiants voire moins (estimation personnelle). Ce format réduit trouve son apogée dans une bibliothèque ridicule (1000 titres, 3m², impossible d'y entrer et d'y travailler...).

Ecole de journalisme

J'ai aussi assisté à un cours à l'institut d'histoire qui est une énigme pour moi en terme d'architecture : c'est un petit château kitsch qui ne doit pas avoir plus de 100 ans (l'architecte voulait-il donner une profondeur historique – médiévale – à l'édifice ?).

Côté élèves, l'attitude des étudiants chiliens recèle aussi des surprises du point de vue d'une étudiante française habituée aux cours magistraux, à vouvoyer les profs... L'ambiance est en règle générale beaucoup plus décontractée. Les chiliens participent beaucoup en cours, n'hésitent pas à interpeller le prof (¡ Profe !), à exprimer leur point de vue voire leurs divergences... Ils sortent aussi sans demander la permission ou s'excuser. Leur comportement est plutôt relâché, j'ai même vu une fille tricoter ! Quant aux couples, ils peuvent continuer à se tenir par l'épaule, à être à moitié enlacés.

Cette attitude pourrait d'ailleurs mériter un paragraphe (aussitôt dit...). Je n'avais jamais été dans un pays où les couples sont autant démonstratifs en public. Je n'avais jamais non plus vu autant de couples ! Pololo et polola (équivalents chiliens de petit ami et petite amie) ne se lâchent jamais, se tiennent toujours la main dans la rue, se pelotent et s'embrassent à pleine bouche en permanence... Dans un pays aussi catholique que le Chili, je trouve ça vraiment surprenant.

Je reviendrai sans doute sur le contenu de mes cours plus tard. Je dois quand même souligner que dans mon premier cours de « Periodistas y medios de comunicación en procesos revolucionarios en América Latina » (ouf !), je n'ai pu m'empêcher de prendre en note quelques propos du prof. En gros, l'information contre-hégémonique sert à la prise du pouvoir et à la libération de notre peuple... Qu'on ne me dise plus que la Católica est conservatrice !

Pour finir, je ne peux pas ne pas souligner que les étudiants venus des Etats-Unis confirment les clichés entendus sur eux. Je ne me conforme pas à l'anti-américanisme ambiant, je constate ! Ils vivent (presque) tous à Viña – ville moderne et réputée sûre – dans une famille d'accueil chilienne. Je n'y croyais pas avant de l'entendre mais ils parlent réellement de leur « maman chilienne » (« mi mama chilena me ha dicho que... »). Certains ne suivent que les cours réservés aux étudiants étrangers et ne font pas beaucoup d'efforts en espagnol. J'imite leur accent quand vous voulez !

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N
Lé bécotage des amoureux est un phénomène récurrent en Amérique Latine. Nous nous étions faits la même réflexion au Pérou. Ils se léchouillent à tout bout de champ et ne se lâchent pas. Le pire c'est dans les parcs, y'en a sur tous les bancs, appuyés contre les arbres, assis sur les murets face à la mer....<br /> ca me fait penser à la chanson de camille ou de je ne sais plus qui: "je hais les couples qui me rappelle que je suis seule....je hais les couples tout court!"
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D
va falloir que tu traduises pour les germanophones!
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