Samedi à la prison, dimanche à l'hôpital, ou comment ne jamais cesser de découvrir sa ville et son pays d'accueil

Publié le par Myriam


Samedi dernier, avec une partie de mes colocs, nous sommes montés à la Ex-carcel, l'ancienne prison reconvertie en centre culturel où il est possible de participer à divers ateliers. J'ai mis le reste des photos dans l'album Valparaiso.

Ruines en montant vers la prison
Ma maison, c'est le bâtiment orange pâle vers le bas de la photo
Entrée de l'ex-carcel

Mon tag préféré, tentative d'évasion !


Loin des beaux clichés, forte de l'abnégation qui me caractérise depuis le début de cette aventure, j'ai poussé la soif de découverte jusqu'à me tordre exprès la cheville le week-end dernier dans le seul but de rendre compte du système de santé chilien et plus précisemment du service des urgences de l'hôpital public de Valparaiso...

Je vais donc maintenant retracer ma journée de dimanche pendant laquelle j'ai vécu une "expérience" au sein des urgences. C'était assez glauque, pesant mais j'étais heureusement de très bonne humeur grâce à la complicité de ma coloc Isabelle (qui a attendu avec moi puis seule quand on lui a refusé l'accès aux urgences proprement dites) et grâce au fait que je n'ai jamais cessé de rire de ma bêtise...

Tout a effectivement commencé dimanche vers 4h30/5h du mat', en rentrant d'une fête avec des copains. Nous descendions la rue Almirante Montt, une copine nous a demandé de l'attendre, Paul s'est assis sur une espèce de haute marche et j'ai voulu m'asseoir à côté mais sûrement de façon trop enthousiaste. Je sais pas trop comment, sans tomber vraiment, mon pied a dû déraper et bref... ouille ! J'ai bien fait rire tout le monde, c'était évidemment très ridicule, j'ai fini le chemin jusqu'à chez moi en boitillant. Courte nuit. Pas reposée, j'ai dû constater que ma cheville était gonflée et bleue puis, alors que je serrais les dents à chaque pas, j'ai aussi dû reconnaitre que le résultat de ma trébuchade devrait être examiné par un médecin.

Hop hop hop hôpital !
Direction l'hôpital de Valparaiso (Carlos Van Buren). Certaines rues principales de valpo étaient fermées par la police (comme de par hasard) et nous sommes descendues du bus plus loin que prévu. Zhou, du rab de marche façon pingouin !
Finalement arrivées aux urgences, nous atterrissons dans la salle d'attente, blindée. Tout de suite, on sent que c'est le ghetto (pour les connaisseurs, à côté le Cook County c'est de la tarte !). Première blague, au bureau "Informaciones", je dis vite fait que j'ai mal au pied et que je sais pas comment ça marche. La fille me répond un truc du genre  "ce n'est pas moi qui peut vous répondre, allez à côté". Je sais pas ce qu'elle a compris cette cruche (a-t'elle cru que je voulais qu'elle me soigne ?!) mais elle a au moins répondu à ma question sans s'en rendre compte ! Je donne ma carte d'identité chilienne à la vitre d'à-côté et on me dit que je dois attendre d'être appelée par le haut parleur, ce fameux haut parleur qu'on n'avait pas encore entendu fonctionner et qui laissait donc présager une longue attente. Attente qui commence debout (salle d'attente petite, presque dépourvue de sièges... sympa vu l'affluence), ce qui n'était pas le plus indiqué pour mon pied et j'ai fini par m'asseoir par terre à côté d'un chien errant. Oui oui, il y avait bien un chien errant dans la salle d'attente !! C'est aussi par la salle d'attente que transitent les brancards qui sortent des ambulances, les carabineros et les personnes qu'ils accompagnent/escortent (pendant qu'elle m'attendait, isabelle a d'ailleurs eu la joie de voir un mec avec menottes aux poignets hurler au milieu de la foule)...

Le haut parleur a enfin fini par cracher une liste de nom et parmi ceux-ci, ô joie, il y avait le mien (légèrement amoché quand même !). On est ainsi appelé par petits groupes, on se suit à travers les différentes étapes, ça a un côté colonie... Plusieurs attentes successives, traumatologue/radio/traumatologue, tout ça pour qu'il confirme son diagnostic de départ "mot que j'ai pas retenu" ou "distension" (claquage/entorse/foulure selon les traductions que j'ai trouvé) bref une "lésion légère" => une semaine d'anti-inflammatoires, deux semaines de bande élastique comprimante et pas de béquilles (bipbip ! je rappelle qu'il y a des milliers d'escaliers à valpo).

Tout ça m'aura quand même pris une après-midi et coûté près de 80€. Je retiens surtout le côté "expérience enrichissante pas forcément enthousiasmante" : les gens qui crient/gémissent de douleurs pendant des heures ; la famille éplorée qui a perdu un proche dans une salle à côté (je crois bien avoir vu le corps recouvert d'un sac sur un brancard) ; la salle de soin où s'alignaient 5x2 lits avec cortège de patients, de proches et de médecins ; l'état des installations et du matériel (dont les fauteuils roulants : chaises de jardin en plastique sur roues) ; le service de radiographie qui avait loupé le train de la modernisation (fils électriques et tuyauteries apparents, peinture écaillée...)...

Tout ça était très supportable mais le grave manque de moyen était évident. Dès qu'ils le peuvent, les chiliens se font soigner dans les cliniques privées. Perso, je suis bien décidée à éviter de retourner au Van Buren même si le gentil traumatologue m'a dit de repasser pour un contrôle samedi prochain... L'expérience volontaire a ses limites !
Au final, ce séjour à l'hôpital me permet aussi d'ajouter un élément insolite à mon carnet de voyages : une jolie radiographie de ma cheville droite !
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A
Bah c'est toujours sympa ce genre de découvertes! Tu fais dans l'originalité!! J'espère que ta cheville va mieux et que tu peux à nouveaux courir dans les rues de Santiago!<br /> Bises
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